top of page

峨眉拳  Éméi Quán

Ecole de Maître Xiào Jiāzé  肖 家泽

Emei Quan Un style interne et externe

E-Mei Quan : l’héritage martial d’une montagne sacrée

​​

Aux côtés de Shaolin et de Wudang, le mont Emei — Emeishan — est considéré comme l’un des grands foyers historiques des arts martiaux chinois. Situé dans la province du Sichuan, au sud-ouest de la Chine, il est également l’une des quatre principales montagnes sacrées du bouddhisme chinois.

Sanctuaire taoïste dès la dynastie Han, puis haut lieu du bouddhisme sous la dynastie Tang, le mont Emei a favorisé la rencontre de plusieurs courants philosophiques, spirituels et martiaux. Au fil des siècles, moines, maîtres taoïstes, militaires et gardes du corps y ont développé des méthodes de combat originales, souvent transmises de manière confidentielle au sein des temples, des familles et des clans.

De cette histoire est né E-Mei Quan, ou « boxe du mont Emei ». Cette appellation ne désigne pas un style unique, mais un vaste ensemble d’écoles et de lignées originaires du Sichuan et plus largement diffusées dans le sud-ouest de la Chine. La tradition Emei comprend des techniques à mains nues, des méthodes de saisie et de contrôle, des exercices énergétiques, ainsi qu’un important travail des armes, notamment de l’épée. 

​​

Une école rattachée aux styles du sud de la Chine

L’E-Mei Quan est généralement rattaché aux grandes traditions martiales du sud de la Chine, et plus précisément aux boxes du sud-ouest. Ce classement s’explique d’abord par son origine géographique : le Sichuan appartient à la Chine méridionale au sens large et le système Emei s’est principalement diffusé dans les régions du Sichuan et du sud-ouest chinois. L’Institut de la culture chinoise de Hong Kong décrit ainsi l’Emei comme un important système de boxe de la Chine du Sud, organisé autour du mont Emei et des traditions martiales du Sichuan. 

​

Mais ce rattachement repose également sur des caractéristiques techniques. Comme de nombreux styles méridionaux, l’E-Mei Quan privilégie généralement :

  • des positions stables et solidement enracinées ;

  • des mouvements compacts et économes ;

  • un travail important des mains, des avant-bras et des poignets ;

  • des frappes courtes et rapides ;

  • la recherche d’efficacité à courte ou moyenne distance ;

  • la protection de la ligne centrale ;

  • une puissance produite par la coordination de la taille, des hanches et de l’ensemble du corps.

Cette classification doit toutefois être comprise avec nuance. La distinction traditionnelle entre styles « du Nord » et « du Sud » constitue une lecture générale, et non une frontière absolue. L’E-Mei Quan possède une identité propre, façonnée par la culture du Sichuan, et ne se confond pas avec les styles méridionaux principalement développés dans le Guangdong ou le Fujian.

​

Entre puissance externe et maîtrise interne

La grande singularité de l’E-Mei Quan réside dans sa capacité à réunir les qualités traditionnellement associées à Shaolin et à Wudang. Il combine l’efficacité directe des méthodes externes avec le travail de la respiration, de l’intention et de l’énergie interne.

Sa pratique repose sur l’alternance et la complémentarité :

  • du dur et du souple ;

  • du rapide et du lent ;

  • de l’attaque et de la défense ;

  • de la stabilité et de la mobilité ;

  • de la puissance physique et du contrôle intérieur.

 

Les mouvements peuvent sembler souples avant de libérer une force explosive. Les changements de rythme, les feintes, les rotations de la taille et les déplacements permettent de surprendre l’adversaire tout en conservant équilibre et maîtrise. Les techniques animalières — notamment celles inspirées du dragon, du tigre, du serpent ou du singe — appartiennent à cette tradition, mais elles ne constituent qu’une partie d’un système beaucoup plus vaste.

L’E-Mei Quan comprend également des méthodes fondées sur la ligne centrale, le travail des points vulnérables, les saisies articulaires, les projections et le combat rapproché. Plusieurs lignées ont développé leurs propres formes, parfois courtes et explosives, parfois plus fluides et énergétiques. Parmi elles figurent notamment les écoles Zhao, Du, Hong, Hua, Zi ou Hui, ainsi que des systèmes tels que le Ziwuquan, le Meihuaquan et différentes méthodes de Qigong.

​

Un art martial complet et vivant

​

Plus qu’une simple méthode de combat, l’E-Mei Quan porte l’empreinte des montagnes du Sichuan, de la pensée bouddhiste et taoïste, ainsi que de générations de maîtres ayant préservé et enrichi cet enseignement.

Pratiquer l’E-Mei Quan, c’est entrer dans une tradition où la force ne s’oppose pas à la souplesse, où l’efficacité naît de la précision et où le perfectionnement martial accompagne une recherche d’équilibre intérieur.

​

À la croisée des grandes traditions chinoises, l’E-Mei Quan demeure ainsi un art martial puissant, subtil et profondément vivant : l’expression d’un héritage ancestral tourné vers la maîtrise du corps, de l’énergie et de l’esprit.

​

L'Ecole HU YING DAO intègre dans son enseignement les spécificités du style de EMEI, école de Maître XIAO JIAZE. Titulaire du 8ᵉ duan de wushu chinois, il a présidé l’Association de wushu du Sichuan et en est présenté, en 2023, comme le président honoraire. Expert en E-Mei Quan, combat traditionnel, Qigong et armes, il œuvre depuis de nombreuses années à la transmission et à la préservation de cet héritage martial.

 

Cédric Oberlé, 6ème DAN, cofondateur de l'Ecole Hu Ying Dao, est le premier disciple français et unique représentant en France de Maître Xiao Jiaze, style Emei Quan.

Maître Xiào Jiāzé 肖 家泽

Originaire de la province chinoise du Sichuan, dans l’ouest de la Chine, est actuellement classé 8ème duan Chine.

 

Il enseigne à Chengdu et est invité à de nombreux colloques à l'international.

Mountain In Fog_edited.jpg
bottom of page